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28 août 2013

1869 - travaux de consolidation à exécuter à l'église d'Appoigny

A l'occasion des Journées du Patrimoine 

les amis de la Collégiale

accompagneront les visiteurs

sur le thème 

1913-2013 : 100 ans de protection

 Il nous a paru utile de publier une étude qui témoigne de l'état de l'édifice au plein milieu du XIXe s.

Injonction de la préfecture de l'Yonne

25 Avril 1868  le Préfet du département s'adressait au maire d'Appoigny en ces termes:

1868.04.25. injonction préfecture.jpg

 Par une délibération en date du  19 avril 1868 que vous trouverez ci-jointe, Le Conseil de Fabrique d’Appoigny appelle mon attention sur l’état de délabrement de l’église de cette commune et sur la nécessité de remédier à cet état de choses devenu intolérable.

Aux termes des lois sur la matière, cette dépense est obligatoire pour la commune, lorsque les ressources de la Fabrique ne permettent pas d’y subvenir.

Veuillez donc, lors de la prochaine session, appeler le Conseil Municipal d’Appoigny, à examiner la demande de la fabrique et m’adresser ensuite copie de la délibération qui aura été prise à ce sujet.

1868Désignation de Piéplu, architecte.

Cet ordre du jour imposé fut l'objet d'un second courrier de la Préfecture en date du 9 décembre 1868:

1868.12.09.Désignation de Piéplu.jpg

« Monsieur le Maire,

Le Conseil de la fabrique d’Appoigny, a , par une délibération en date du 18 avril 1868, signalé à mon  attention, l’état de délabrement de l’église de cette commune et demandé qu’à défaut de ressources de la part de cet établissement religieux, la commune fut appelée à pourvoir à la réparation de cet édifice.

Le Conseil Municipal, appelé à examiner cette demande expose, dans sa délibération du 10 mai 1868, que l’importance de ces réparations à effectuer à l’église paraît avoir été exagéré par la fabrique et que d’ailleurs, ces réparations ne présentent aucun caractère d’urgence.

En présence du désaccord qui existe à ce sujet entre la fabrique et la municipalité, il devient nécessaire de recourir à l’application des prescriptions de l’article 95 du décret du 30 décembre 1809, aux termes duquel la visite de l’édifice doit être faite par un homme de l’art qui, en présence de l’un des membres du Conseil municipal et de l’un des marguilliers dressera le devis estimatif des réparations à effectuer.

J’ai désigné à cet effet, m. Piéplu, architecte du Département qui se rendra prochainement à Appoigny et vous préviendra à l’avance du jour de son arrivée.

Veuillez, monsieur le Maire, appeler, dès maintenant le Conseil  municipal à désigner le membre qui devra assister l’architecte dans son opération. Une réunion extraordinaire est autorisée à cet effet.

Vous m’adresserez ensuite la délibération qui aura été prise à ce sujet

1869 - le rapport Piéplu

Le Conseil Municipal obtempère et dans la même semaine Chavance, adjoint, est désigné pour assister l'architecte Piéplu.

Ce dernier mettra six mois pour remettre au préfet son diagnostic technique et financier.

 

1869.consolidation rapport piéplu Recto.jpg1869.consolidation rapport piéplu Intro.jpg

 Auxerre, le 30 juillet 1869

Eglise de la commune d’Appoigny

Rapport

 

Monsieur le Préfet,

J’ai l’honneur de vous informer que conformément aux instructions contenues dans nos lettres du 9 décembre 1868 et 21 du même mois, je me suis rendu dans la commune d’Appoigny, le 24 décembre 1868 et les 9 janvier et 24 avril 1869, à l’effet de visiter l’église de cette commune et de dresser, en présence d’un membre du Conseil municipal et d’un marguillier, le devis estimatif des travaux de consolidation à y exécuter.

Arrivé sur les lieux nous avons trouvé, d’une part M. le Maire, l’adjoint et m. Chavance secrétaire d’une autre part. M.M. Paul Girard, Auguste, Chauvin marguilliers et M. le Curé, en présence desquels nous avons procédé à la visite minutieuse du monument et pris les notes nécessaires pour dresser le devis estimatif des travaux les plus urgents à y exécuter, que nous avons classés par rang d’urgence en tête des pièces écrites ci-jointes et que nous allons décrire ci-après.

Une des plus belle églises de l'arrondissement d'Auxerre après Saint-Etienne

L’église d’Appoigny est bien certainement une  des plus belles églises de l’Arrondissement d’Auxerre, après Saint-Etienne, sur laquelle le maître de l’œuvre a du s’inspirer pour certaines parties de son monument.

Cette église du reste appartenait autrefois à une collégiale de chanoines fondée vers l’an 1210 par l’évêque d’Auxerre Guillaume de Seignelay, et sur sa seigneurie même. C’est donc par les soins et les deniers de cet évêque que l’église d’Appoigny a été bâtie ; on y remarque en effet le savoir-faire des artistes qui travaillaient à la même époque, au chœur de la Cathédrale d’Auxerre.

Quand la population n'est plus en rapport avec la richesse de son patrimoine

Cette église, dont le vaisseau principal a 42m.00 de longueur sur 22m.00 de largeur a été bâtie d’un seul jet au treizième siècle, [et,] depuis cette époque, il n’a pas été fait le moindre travail de consolidation, pour sa conservation, exception cependant le comble, qui, très probablement à la suite d’un accident il y a environ deux siècles a été refait d’une manière provisoire avec  des vieux bois d’un très faible équarrissage comme cela arrive généralement aux monuments d’une certaine importance, quand la population n’est plus en rapport avec leur ampleur et leur richesse ; c’est l’histoire de l’église de la  Madeleine de Vézelay, l’église Saint-Père sous Vézelay, l’église de Pontigny etc.

De promptes reprises.

Aussi en résulte-t-il aujourd’hui, que l’église d’Appoigny, malgré sa bonne construction à besoin de promptes reprises, Je dis promptes, parce que les  murs de la nef et des bas-côtés au Nord, sont, avec les arcs-boutants du même côté, en si mauvais état, que l’équilibre de cette partie essentielle de l’église, pourrait très bien se rompre d’un moment à l’autre.

Les murs lézardés

Ces murs sont lézardés et déversés à leur milieu d’environ trente centimètres ; une travée des hautes voûtes est tellement déformée qu’il y a péril de la laisser plus longtemps dans cet état ;

Le Triforium muré

triforium muré.jpg

pour arrêter ce mouvement inquiétant on s’est contenté pour relier les murs de la nef en bouchant les triforiums en briques et ciment de 0m.11 d’épais.

Les piliers de la nef saccagés

Les bases des piliers de la nef ont été coupées ou arrachées pour y loger plus facilement des bancs en bois formant des compartiments pour chaque famille.

Le sol affaissé

Le dallage de l’église étant au nord de 1m.00 ……affaissement copie_modifié-1.jpg

Lacune : feuillet manquant

Pierres gelées

parements extérieurs.jpgIl en est d’autres également très urgentes au pourtour du monument, je veux parler des pierres gelées, aux corniches portant les chéneaux en pierre qui n’existent plus en partie et dans les parements des murs dont les parties au-dessus n’étant plus supportées finiraient dans peu de temps par tomber par fragments.

Quant aux autres réparations telles que, les colonnettes en pierre de l’intérieur qui auraient besoin d’être remplacées. Les fenêtres murées, dont les meneaux sont brisés et retenus par des agrafes en fer ; les socles de toutes espèces qui sont mutilés ; ces nombreuses dégradations qui ne paraissent pas inquiétantes  quant à présent, enfin le grattage et le rejointoiement intérieur qui produirait le meilleur effet, je n’ai pas cru devoir le comprendre dans le devis, car s’il fallait faire la restauration complète de cet édifice, une somme de 150.000f.00 ne suffirait peut-être pas.

Le projet de consolidation que j’ai l’honneur de vous adresser comprend :

1 Une série des prix

2 Un cahier des charges

3 un avant métré des travaux projetés

4 Un détail  estimatif composé de 7 chapitres classés par rang d’urgence.

Le premier comprenant l’établissement de fossés d’assainissements montant à la somme de 3.360.00
Le deuxième comprenant les reprises en sous-œuvre des murs et des arcs-boutants au nord s’élevant à 9.450.00
Le troisième ayant rapport aux reprises intérieures de la nef montant à 13.230.00
Le quatrième ayant rapport à la reconstruction d’une travée des hautes voutes 2.100.00
Le cinquième comprenant la démolition et la reconstruction des charpentes de la nef, du chœur et des bas-côtés s’élevant à la somme de
20.055.00
Le sixième contenant le détail des travaux de restauration du portail d’entrée, et la construction d’un puisard sur la place publique s’élevant à 4.200.00
Le septième enfin, comprenant les reprises du pourtour du monument s’élevant à 5.355.00
Total général des travaux les plus urgents                                                                                       57.750.00
Sur lesquels il convient de retrancher la valeur des vieux matériaux susceptibles d’être réemployés que j’évalue à la somme de 3.900.00
Reste 53.850.00
A ajouter les honoraires de l’architecte sur la livraison des vieux matériaux à raison de 2% 78.00
En sorte que le prix de la dépense s’élèverait à 53.928+.00

Soit environ 1.250.000.00 de nos derniers francs équivalents à 200.000 € actuels

Monument historique

Cette église m’a paru tellement intéressante, que j’ai pensé qu’elle pourrait être classée au nombre des monuments historiques, si vous voulez bien en faire la demande à son Excellence Monsieur le Ministre de la Maison de l’Empereur et des Beaux-arts.

Dans cette pensée qui est aussi celle du Conseil Municipal de la Commune, qui parait disposé à faire des sacrifices pour la conservation de sa belle église, je viens de terminer les dessins du monument, que j’aurai l’honneur de vous adresser, si vous voulez en faire la demande à son Excellence.

SNV32471.jpg                   SNV32469 copie.jpg

Le relevé de l’église et l’établisse ment du plan et des deux coupes, l’une longitudinale et l’autre transversale, expliquent le retard que j’ai apporté à vous adresser le devis que vous m’avez fait l’honneur de me demander.

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’hommage de mon profond respect.

 Piéplu

144 années sont passées et à part les toits qui ont été repris "à l'économie", notre Collégiale est toujours dans le même état. Les réparations les plus urgentes ont été effectuées, mais le manque d'entretien a nécessité la pose de l'étai qui s'érige dorénavant en symbole du

provisoire "fait pour durer longtemps".

étai rnel.jpg



01 août 2013

Où l'on reparle du chéneau

Nous avons été agréablement surpris par une intervention lors du dernier Conseil Municipal:

chéneau0001.jpg

Gargouille ouest.jpg

Ce problème est récurent. En effet,  il y a quelques mois, ce chéneau a été nettoyé. Lors de cette opération nous avons constaté qu’un entretien périodique de cette zone s’avérait indispensable.

Au 19e s., lors de la réfection « économique » du toit de la collégiale, il n’a pas paru utile de prévoir une fenêtre de visite de ce chéneau qui est régulièrement oublié.

 cheneau.jpg

Caché derrière l’appareillage du mur de la façade ouest, il alimente une gargouille qui, lorsqu’elle est bouchée, fait déborder le chéneau. Les eaux de ruisellement de la moitié du toit de la nef n’ont pas d’autre chemin que les combles surplombant le fameux étai.

IMGP3692.JPG

La fuite, ne se borne pas à démolir la voûte du bas-côté Nord, elle imprègne également le sol, provoquant un affaissement conséquent.

affaissement.JPG

Le n° 1 / 2007 des Cahiers de la Collégiale avait soulevé ce problème qui semblait induit par un mauvais calcul des arcs-boutants, placés trop bas.

L'étai.pdf

Il apparait aujourd’hui que l’eau soit la seule cause de ces désordres.

A plusieurs occasions, la commission municipale du Patrimoine a signalé la nécessité d’un nettoyage régulier de ce chéneau… sans suite.

Ce problème a été repris à chaque assemblée générale de notre association… sans suite.

Nous souhaitons vivement que la municipalité  prenne conscience de la gravité de ce dysfonctionnement qui, pour des raisons d’économie à court terme, entrainera, à moyen terme, de sérieuses dépenses.  

Au même titre que tous les équipements municipaux, notre collégiale mérite un minimum d’entretien qui se doit d’être effectué par des professionnels et non par des bénévoles, aussi désintéressés soient-ils.

Raymond Dhélin