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Les pierres hautes au midi de la collégiale

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A la suite du pignon sud du transept, la perspective, mis à part la première fenêtre, est riche en représentations.

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Faut-il y voir confirmation ? Faisant suite à l'effigie du singe du pignon précédent, nous rencontrons sur la deuxième fenêtre les deux personnages les plus importants du chantier après le chef ...

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... et dans la hiérarchie circumambulatoire, évoquée plus avant,

à droite, le visage enfeuillé du maître charpentier, à gauche, la prestance du maître maçon.

La logique veut qu'en effet un maçon ne peut rien faire sans le travail préalable du charpentier qui installe les cintres destinés au soutien des ogives, arcs formerets et voûtains de tous acabits.

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Le chantier terminé, le bois, à l'origine du bâtiment, devenait invisible mais les maçons tenaient à ce que le métier soit honoré à sa juste valeur. Les maçons montraient ainsi leur égalité avec les compagnons enfeuillés.

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Feuillet 10 du carnet de Villard de Honnecourt XIIIe s.

Si l’homme est comparé à la pierre chez les maçons, dans les métiers du bois, il est encore appelé de nos jours « bois debout », il est assimilé à l’arbre. C’est ainsi que le représentait Villard de Honnecourt, dans son fameux carnet. Témoin de son temps, cet homme du métier parcourait les chantiers à l’époque même de la construction de notre collégiale, au début du XIIIe siècle.

L'arc-boutant suivant est doté d'une gargouille qui n'a pas encore livré son secret.

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Le personnage agrippe un tissu qui semble pourvu d'une hampe, un drapeau ? Avis aux symbolistes...

Poursuivons en remontant au niveau des deux renforts du mur de la nef...

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...où la mise à l'honneur des charpentiers se poursuit sur les pinacles. On y découvre deux chiens, malicieusement allongés au soleil de midi. Dissimulé sous les lichens, le premier a souffert des affres du temps, tandis que le second est assez bien conservé.

Le corps d'état du métier de charpentier présente quatre degrés hiérarchiques :

« L’apprenti est appelé Lapin, l’aspirant Renard, le compagnon Chien et le maître Singe.

Le Lapin est le plus faible et le moins intelligent.

Le Renard, plus grand et plus fort, fait courir le Lapin et le fait aller où il veut.

Le Chien prime à son tour sur le Renard, et lui donne de rudes chasses.

Le Singe, le plus fin, le plus adroit de tous, prime sur le Chien, sur le Renard et sur le Lapin, dispose de tous à son gré, et les exploite à son profit. » 

Perdiguier Agricol, Le livre du compagnonnage, Tome 1, Notice p. 48, Ed. Perdiguier, Paris, 1857.

Ces personnifications ne datent, il est vrai, que du milieu du 19e siècle chez les compagnons

mais ces figures, elles, datent bien du XIIIe s.,

faut-il y voir l'origine de la tradition ?

Les dernières fenêtres terminent la hiérarchie des œuvriers...

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...tailleurs de pierre, maçons, aides, serviteurs, compagnons ou valets. La comptabilité des archives nous renseigne sur les disparités salariales de ce début du XIIIe siècle :

Pour 5 tailleurs de pierres . . . . 2 livres 10 sous

Pour 4 serviteurs . . . . . . 19 sous

A 3 maçons et 2 serviteurs . . . . . 1 livre 8 deniers

A 3 maçons chacun 5 jours . . . 1 livre 9 sous 2 deniers

Pour 5 aides chacun 5 jours . . . .1 livre 4 sous 7 deniers

A 2 aides chacun 4 jours  . .  8 sous        

Pour 4 valets, sable et ciment, chacun 3 jours . . 7 sous 4 deniers           

GIMPEL Jean - Les bâtisseurs de cathédrales - Seuil - 1966               

A SUIVRE . . .  

Lien permanent 1 commentaire

Commentaires

  • Cher Monsieur,

    Merci de nous faire découvrir les richesses de notre chère Collégiale.

    Votre bien dévoué.

    abbé Boivin +

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